En route pour le Ueno Koen, le parc d’Ueno, dans lequel se trouve le musée national du Japon, entre autres, mais aussi la bibliothèque nationale de la littérature enfantine, Heure Joyeuse japonaise, et aussi une fabuleuse salle de concert.
Mais d’abord, en bordure du parc et au bord de l’incroyable bassin de Shinobazu, plein, en cette saison de gigantesques lotus, il y a le petit musée de Shitamachi, qui propose une reconstitutions d’habitations et d’ateliers dans le Tokyo de Meiji. On peut entrer dans les pièces, manipuler les objets, et surtout, prendre des photos !
Visite ensuite de quelques uns des temples bouddhiques du parc d’Ueno. C’est aussi la première fois qu’on aperçoit des SDF en nombre.
Et puis, enfin, ce pourquoi on a poussé jusque là : l’exposition Jomon.
Jomon : c’est la première civilisation néolithique du Japon, qui commence par maîtriser la céramique avant tout autre progrès technique. La qualité et surtout l’aspect flamboyant de ces céramiques caractérise la civilisation Jomon. De nombreuses pièces Jomon ont été élevées au rang de trésors nationaux par le Japon qui a reconnu ces céramiques comme œuvres d’art fondamentales. D’autant que leur production concerne tout le Japon, et qu’elle s’étend sur la longue durée : de -10000 à -300 environ.
Ce sont des céramiques non tournées, décorées d’abord avec des motifs de cordes, puis avec des ajouts de matière, des cordons d’argile qui forment des flammes, des crêtes de coq. C’est aussi un art de la statuaire d’argile, avec des figurines qui évoquent l’art brut.
Il est possible d’en voir en ce moment dans le cadre de Japonismes 2018 à l’hôtel Salomon de Rotschild. Leur dernière présentation en France remonte à 1998 à la Maison de la Culture du Japon où une magnifique rétrospective avait eu lieu.
Ce qui est saisissant à l’expo de Tokyo, c’est le monde : les japonais, à qui les arts du feu parlent réellement, se déplacent en masse pour voir le travail de leurs plus vieux potiers. Il y a vraiment foule : des enfants qui prennent des notes, des femmes qui font des gestes de potier dans l’air, des mamies courbées qui s’appuient sur leurs déambulateurs : on sent que les gens sont intimement concernés.
Nous sommes les seules gaijin !
Et il n’est pas possible de faire la moindre photo. Premier réflexe : exaspération. Mais probablement est-ce pour éviter la tentation aux badauds de faire des selfies débiles, moi et la statue, moi et la vitrine, moi et moi. Même les cartels ne peuvent pas être photographiés. Par contre on prête des crayons, et c’est incroyable de voir les gens noter, et noter et noter.
Dommage : le catalogue n’est qu’en japonais 😳😶😕
Pour finir la journée, découverte, mais à la nuit, de ce qui a l’air d’être un délicieux quartier ancien à maisons en bois (nagaya) conservées, le quartier ayant échappé à tout séisme, incendie ou bombardement depuis le 17ème !! Le quartier de Yanaka. Photos à venir, là il était nuit.









