Après les nourriture terrestres du SM, quelques nourritures spirituelles. Direction Intramuros, le quartier historique espagnol de Manille.
Un peu d’histoire vite fait : au 16e siècle, c’est l’islam (en plus de l’influence chinoise) qui commençait à se répandre aux Philippines, depuis la Malaisie toute proche. Mais Magellan (qui avait été naturalisé espagnol) débarque aux Philippines en 1521, revendique les îles pour la couronne espagnole et commence à propager la religion catholique. Il est tué à Cebu.
L’Espagne continue à envoyer des expéditions aux Philippines, et c’est Villalobos qui nomme l’archipel « Felipinas » du nom de l’héritier du trône de Charles Quint, Philippe, le futur Philippe II.
Devenu roi, Philippe II continue la colonisation des Philippines, à partir de 1564. Manille est arrachée au rajah Soliman en 1571. Les Philippines resteront espagnoles jusqu’en… 1898. La langue, notamment le tagalog, en est durablement marquée (serbisyo, komusta… Voir 1er billet)
Fait notable : la présence espagnole aux Philippines passe en fait par le Mexique, territoire relais de la puissance coloniale. Et c’est du Mexique que viennent les religieux de St Augustin.
(Saint Augustin , père de l’église, originaire de Tunisie, qui, depuis sa région romaine païenne reçoit un jour un ordre :

« Prends et lis » (la bible), c’est cette injonction qui est à l’origine de la conversion d’Augustin).
On visite donc aujourd’hui encore l’église, le cloître


et le couvent, qui est un très intéressant musée.
L’église est l’une des plus anciennes des Philippines, qui a, contrairement à la cathédrale, survécu aux bombardements de 1945, et résisté à 7 tremblements de terre. Elle est aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’Unesco.
L’église est tapissée de fresques en trompe l’oeil


Les bâtiments du couvent comportent d’innombrables trésors d’art religieux en plus ou moins bon état de conservation.

Les retables baroques laissés à l’air humide vieillissent assez mal


mais à côté de cela il y a des trésors incroyables, comme ces statues en ivoire et bois d’art hispano-philippin





Pour le reste, on appréciera le côté hyper doloriste (Christs sanguinolents etc.) des statues, voire l’exacerbation morbide du sentiment religieux







Les religieux de l’ordre de St Augustin ont édité de multiples manuels des diverses langues de l’archipel, ainsi qu’une flore qui fait toujours référence.




En partant c’est la messe qui débute, en hispano-tagalog.

Découverte ensuite de la cathédrale de Manille, qui a été totalement rasée en 1945 et donc reconstruite.
Puis retour à travers Intramuros pour assister, sous la bourrasque, aux jeux d’eau du parc.




Dernière photo : le bâtiment blanc tout decrepit, c’est la bibliothèque nationale…


Je me trompe ou ce sont de vrais cheveux qui coiffent les statues ? Au Portugal, rappelle toi les offrandes de cheveux dans la chapelle des os d’Evora.
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Hmm oui, en effet, de bonnes chances, vue l’époque, que ce soient de vrais cheveux. Pas des cheveux asiatiques en même temps… Oui tiens, c’est une très bonne question, je me demande s’ils ont été analysés. Il y a eu des fouilles dans la cour du monastère. Les Augustins mangeaient dans de la vaisselle chinoise bleu blanc !
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