Pâques orthodoxe 2023, Athènes jour 2

La journée a commencé en prenant son temps : j’achète des κουλούρια (bretzel grec, le koulouri), je vais boire un frappé dans mon café favori, les Dioscures, caché sur les pentes de l’Acropole. Il fait frais.

En route ensuite pour le Pirée par la ligne 1, la plus vieille ligne de métro, et la seule qui existait à Athènes dans les années 80/90. Le tortillard prend son temps lui aussi, on est loin des 2 autres lignes ultra modernes. Repérage du quai E7 pour le lendemain, car il va falloir y être à 6.30…

En route ensuite pour le but de la journée, la toute neuve fondation Stavros Niarchos : un bâtiment gigantesque par Renzo Piano, qui est en fait un toit terrasse en pente, végétalisé de plantes méditerranéennes, débouchant sur un très beau jardin complanté de vieux oliviers. On accède au sommet à pied ou via un ascenseur. En haut c’est « le phare ». Il y a un café, une vue à 360 degrés de la mer à l’Acropole et au Lycabette. C’est époustouflant.

Le bâtiment abrite la bibliothèque nationale qui a été déménagée là, et l’opéra. La bibliothèque se visite. Le sol est en marbre, les murs sont en béton brut. Mais les plafonds anti-bruit sont d’une telle qualité qu’on a la sensation de rentrer dans une pièce blanche, où tout son est absorbé. Les salles de travail sont inondées de soleil, elles donnent envie de se mettre à travailler.

Incroyable coïncidence, c’est le WOW Festival d’Athènes. Women of the World. Une expo d’une photographes tchèque (Dana Kyndrova) à l’extérieur et les Guerilla Girlz dedans. Presqu’une 1/2 journée professionnelle…

Au pied du bâtiment, il y a un immense canal, où toutes les 1/2 heures jusqu’à minuit, on propose des grandes eaux musicales. On est entre Versailles et le parc Citroën en été.

Le lieu a toute une histoire. La fondation est située dans le quartier de Faliro (Φάληρο) sur le site de ce qui était à l’époque de Périclès le port d’Athènes. L’emprise du bâtiment a été fouillée et la fouille continue encore tout autour : il y a des nécropoles antiques gigantesques (+ de 2000 tombes mises au jour) et qui présentent des situations uniques, puisqu’on a retrouvé là les restes de personnes suppliciées dans l’antiquité. Au 19e siècle, le lieu a d’abord été un marais de chasse, puis est devenu la riviera d’Athènes. Ensuite on a construit un hippodrome qui a fonctionné jusque dans les années 1980, puis un vaste parking pour les jeux olympiques de 2004. Renzo Piano a découvert la friche en 2006. C’est donc une histoire sur la très longue durée, présentée aux visiteurs du RDC de la bibliothèque nationale.

Le retour, c’est par la navette de la fondation, jusqu’à la place Syndagma. Déambulation dans les ruelles jusqu’à la très vieille église de la Panaghia Kapnikarea 11è siècle, l’une des plus ancienne d’Athènes, qui trône fièrement entre H&M et Birkenstock. Les fresques à l’intérieur sont superbes et comme c’est la μεγάλη εβδομάδα la semaine sainte, on psalmodie dedans, tandis qu’on slame dehors, au milieu de la foule qui fait du lèche-vitrines. L’ambiance est extraordinaire.

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