Pâques orthodoxe 2023 jour 6

Première journée en voiture. On passe du niveau de la mer à des coins tellement montagnards qu’en ce mois d’avril, avec le côté piquant, vert et frais que donne le printemps, avec les ajoncs fleuris et les schistes par endroits, cette première approche jusqu’au pied du mont Zas (le point culminant à 1001 mètres) fait très fort penser à l’Aigoual, en un peu plus austère encore. En fin de journée, quand, au-dessus de la source Aria, la montagne se couvre brutalement, l’ambiance est vraiment brusquement très montagnarde et aérienne.

C’est vraiment un étonnement quand on a connu la Grèce seulement en été voire en septembre, cramée jusqu’à l’os. En avril il y a des fleurs partout, l’herbe est haute et verte, c’est déboussolant, assez. Car à côté il n’y a déjà plus d’eau et l’air est très sec.

Le but de la journée c’était Chalki et un sentier surnommé la petite Mystra (n°4), qui doit faire passer d’une chapelle à une autre, bondissant de fresques en fresques. Las. On ne saura jamais si c’est l’effet du vendredi saint, ou si, comme c’est parfois affiché, ce n’est ouvert régulièrement qu’en juillet août. Toujours est-il que toutes ces merveilles ne pourront être vues que de l’extérieur. Tout est fermé. Même la merveilleuse Panaghia Drosiani, réputée ouverte tlj est fermée à double tour. Aucun horaire affiché, aucune indication d’à qui demander une clef, aucun téléphone. C’est assez décevant, pour le coup, et on se dit qu’on essaiera de nouveau lundi, une fois les fêtes passées. Mais bon, la petite rando est jolie, le paysage est superbe, ça console un peu.

Aghios Georgios diasoritis
Le mont Zas et le village de Filoti

Comme c’est Pâques, certaines chapelles ont été fraîchement chaulées. A la Panaghia Rachidiotissa, on trouvera même en place le bâton qui a récemment servi à mélanger le blanc !

Où que porte le regard, on voit d’autres chapelles. On hésite à traverser un vallon supplémentaire pour aller se heurter à des portes closes. En chemin, on tombe sur des iris nains, sauvages. Même étonnement qu’avec les tulipes sauvages sur le Larzac ou l’Aigoual !

Aghios Isidoros
Aghios Isidoros
Eglise des Taxiarches

Quand enfin, avec des dames grecques, on se cassera les dents sur la Panaghia Drosiani, réputée la plus belle église de Naxos et église importante des Balkans (oui ! Il y a le drapeau grec et 2 drapeaux différents avec l’aigle à 2 têtes de Byzance, un rouge et le jaune traditionnel), on décidera de jeter l’éponge et d’aller repérer les points d’accès au Mont Zas. Arrivée ainsi à la bucolique source d’Aria, toute en marbre et glougloutant sous de majestueux chênes juste en train de mettre leurs feuilles.

Devant la Panaghia Drosiani
La source Aria
De la source Aria, le départ vers le sommet du Zas, via la grotte de Zeus (le côté raide)
La source Aria

Retour à Chora pour la soirée du vendredi saint. On commémore la déposition du Christ en déposant la croix dans l’épitaphe, et le soir, les 3 plus importantes paroisses de Chora organisent des processions qui se rejoignent pour faire ensemble le tour de la ville en chantant la divine liturgie. Toute la ville est là. On regarde des balcons, certains jettent des pétales de roses au passage de la procession. Certains restaurants éteignent leurs lumières quand la procession arrive. Les églises de la ville sonnent le glas. Demain, ce sera la résurrection qui sera célébrée, à grands renforts de pétards et autres fusées.

Laisser un commentaire