Pâques orthodoxe jour 7 

Depuis ce matin, partout, on se salue en se disant καλή Ανάσταση joyeuses Pâques, mais littéralement belle résurrection. Je le dis aux gens en sortant du restaurant ce midi et ce soir, ils sont ravis.

Programme de la journée : d’abord aller voir les 2 kouroi abandonnés de Flerio. On est dans une zone où, sur l’île, dès l’antiquité, le marbre affleure. 2 statues de kouros (jeune homme poings serrés le long du corps et une jambe en avant, emprunt direct à la statuaire égyptienne) ont été façonnées là, mais mauvais transport ou défaut du marbre, se sont brisés au niveau des jambes. Ils gisent là depuis 2700 ans. L’exploitation du marbre a été continue depuis. Au loin on voit une carrière des années 60, et une carrière moderne. En revenant de cette petite vadrouille dans un décor au bucolisme vert, on découvre le site juste au-dessus, fouillé dans les années 2000 et bien mis en valeur. Le lieu de culte des carriers qui venaient vénérer là de puissants jumeaux héroisés. Plus tard, il y a eu une aire à battre au même endroit, et aussi un rucher primitif : des encoches carrées dans des murs de schiste, dans lesquelles on a glissé horizontalement des sortes de grandes jarres fermées par une dalle de schiste. (Pour moi c’est un argument supplémentaire en faveur de la présence d’un rucher à l’ermitage d’Aubazine)

Sur le chemin, on découvre les hôtels pour chats. Dans plusieurs villages, la municipalité investit dans des boîtes en bois qui font à la fois boîtes pour dormir, aire de jeu et distribution de croquettes. C’est assez étonnant. Le premier hôtel est à Flerio, le second sur la place du village à Ano Sangari.

Déjeuner plantureux à Mélanès, dans une taverne pleine de grecs se souhaitant les pâques.

Ensuite, on part pour une boucle au départ d’Ano Sangri vers le Temple de Déméter, transformé tardivement en église. La rando est super belle, bucolique, parmi les schistes. Il y a des orchidées inconnues, selon le ciel on passe du doux au rude. On voit le temple au loin. Et ce sera tout. Partout le temple est dit en accès libre, contrairement au musée. On arrive à 17h. Impossible d’accéder, musée et site se visitent en fait en même temps. Jusqu’à 15h30. Consolation, sur le retour, on découvrira une miniscule chapelle Aghios Dimitrios, sans fresques et juste chaulée mais touchante dans sa simplicité et son dénuement.

Aghios Dimitrios

Retour le soir par le monastère St Jean. Chrysostome qui domine Chora. Il se visite le matin, pourquoi pas. En attendant, la vue est belle.

Nicole, à qui on loue, nous a préparé un panier de Pâques. 2 oeufs rouges, 1 brioche de Pâques τσουρέκι dans un panier nid. C’est le grand soir tout à l’heure ! Certains restaurants ont installé des tablées de 20 personnes qui viendront boire la soupe traditionnelle de rupture du jeûne après l’annonce de la résurrection du Christ à minuit. On se rend à l’église,.on achète un cierge blanc de cérémonie. Un peu avant minuit, toutes les lumières s’éteignent et on attend dans l’obscurité les paroles du pope : Χρίστος ανέστη Christ est ressuscité. Aussitôt la lumière circule, une bougie allume l’autre, les popes et la foule sortent hors de l’église en procession. Sur le parvis, la messe se poursuit, sur fonds de détonations violentes des énormes pétards que les ados se font un devoir et une joie de lancer.

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