Tadaima !!!
Alors… n’empêche, je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que pense ou ressent un japonais quand il arrive à Roissy puis dans Paris. Parce que moi :
– retrouver le plaisir d’uriner debout à l’aéroport parce que les toilettes sont sales et puent la mort.
– Le rer où aucune annonce n’est faite en une autre langue que le français : « ce train est sans arrêt avant Olnésoubwa ».
– les escalators, enfin, ceux qui montent, tous en panne partout. Le goût du synonyme astucieux : ils sont « en maintenance »… et comme avec la chaleur des jours passés plus personne n’a de cerveau, personne n’a eu l’idée de les inverser. De mettre ceux qui ne sont pas encore « en maintenance » dans le sens de la montée…
– Le métro sans aucune fenêtre fait pour être climatisé, mais sans la clim. C’est vrai quoi, il fait moins chaud, là. Un ptit rayon de soleil pour couvrir et surtout recuire les odeurs de crasse c’est joli. On a toujours bien aimé le biscuit 😂
– Le petit accessoire qui n’existe que dans le métro parisien, qui permet juste aux gens de se battre parce que ce petit accessoire crée de l’ambiguïté et pose le problème des limites et du règlement : le strapontin. Ah mais quelle merveille quand on le redécouvre. Comment être assbout. Ou debssis, hein ?
– l’état de crasse et de délabrement des transports en commun. C’est quoi ces centaines de tâches molles et collantes au sol ? Ah bon les gens crachent et jettent ? Pourtant on a les poubelles mais on a pas les idées.
– les annonces multilingues cette fois-ci, même en chinois et en japonais, pour te dire que tu vas avoir affaire à des pickpockets. Car non, ce ne sont pas les deux par wagon qui n’ont pas mangé, pas dormi, perdu leur papa et leur maman, ont deux petits enfants à manger, et à qui il manque 10 centimes pour une chambre ; ce ne sont pas non plus tous ces musiciens ni tous ces estropiés ni tous ces mendiants : on te le dit, il y a aussi des pickpockets ! Beware !!!
– et puis pour finir, si tu as envie, cette fois-ci dans le rer ou le métro d’aller aux toilettes, eh bien n’y pense même pas : soit tu te soulages contre une grille ou dans un petit coin, les petites ruisseaux font les grandes rivières de crasse qui décorent les trottoirs de traces brunes, la petite odeur sûrie et âcre de Paris, soit tu as 8€50 à perdre et tu te précipites dans un café. Si par malchance tu es japonais, tu vas vouloir du thé vert. Nous ici on a que du thé jaune à t’offrir, du リプトン lipton en sachet qui trempouillera dans un fond d’eau tiède, ce qui te donnera le droit tarifé d’aller découvrir des lieux insalubres que tu n’avais pas encore soupçonnés. Y’a bien des sanisettes, mais à Notre-Dame par exemple, l’autre jour avant de partir j’en ai vu… deux ! Leur nombre a doublé sans plaisanter !! C’est qui les champions, hé ??
– ah et quand même : en une heure de transports en commun, je sais tout de la vie de mes nombreux voisins : si ailleurs j’ai pu avoir un doute, ici c’est sûr : le téléphone est une machine à parler dedans.
« Ça c’est Paris »
